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Page web, 2011

Un tracé souple et léger, une arborescence qui prolifère. Des courbes organiques qui semblent avancer, s’épanouir dans le vide, comme conquérantes, un réseau dans l’écran blanc. Des points de rencontre, des nœuds apparaissent, une branche investit de nouveaux territoires et le chemin d’accès s’étend un peu plus.

Il s'agit d’un historique de navigation d’URL consultées conservé et retracé. Chaque consultation s’inscrit en prolongement des autres, de lien en lien comme par rebonds formant une cartographie d’un parcours. Par la syntaxe de ces suites de caractères qui forme l’hyperlien, nous sommes conduits à leurs emplacement d’origine, promettant d’autres découvertes à qui veut bien jouer, cliquer et recliquer. Pourtant, certaines ressources manqueront, certains hyperliens sont dits brisés, cassés ou morts et ne sont plus accessibles : le pourrissement des liens.

S’ajoute une dérive ou un flottement de sites en pages. Après de longues heures d'exploration, les trajectoires se complexifient, à en oublier la recherche de départ. Peu à peu se ressent une acculturation des contenus : images, textes, vidéos, etc. Ces courbes ne dessinent pas une navigation efficiente : à la manière de la flânerie, on ne cherche pas pour trouver quelque chose de précis. Il s'agit bien d'un cheminement à travers le réseau, une véritable déambulation dans l’immatériel, dans un flux de la cybertemporalité. C’est tout le paradoxe du Web, qui est à la fois abrutissant et éclairant, envahissant et indispensable, détestable et fascinant.